Bilan du quinquénnat du ministre wallon du bien-être animal Carlo Di Antonio (De très nombreux progrès à faire à l'avenir.)


Di Antonio - Sucettes ou casseroles

Bien évidemment, le bilan du mandat du 1er ministre du bien-être animal ne peut pas être le même, que l’on se place du côté des copains, « partenaires » privilégiés ou comme nous, des associations.

Commençons par le positif. Un nouveau Code wallon du bien-être animal. Ça c’est bien ! Celui-ci englobe toutes les mesures prises depuis le début de son mandat, plus quelques nouvelles. Relevons entr’autre l’interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure (mais il n’y en avait pas en Wallonie), l’interdiction de l’abattage sans étourdissement (qui se retrouve à la Cour Constitutionnelle), la stérilisation obligatoire des chats (juste sur papier, parce que la réalité est malheureusement très différente, catastrophique même), la fin des élevages de poules pondeuses en batterie (mais les lapins, ça on peut continuer), les manèges à poneys (enfin les existants peuvent continuer quand Les Plusmême), la détention de cétacés en captivité (si vous possédez un dauphin, un cachalot dans votre piscine, sachez que vous ne pouvez plus), l’expérimentation des produits d’entretien sur les animaux (mais pas les expériences en laboratoires). Nous sommes bien évidemment ravis de l’obligation d’installation de caméras de surveillance dans les abattoirs. Terminons sur l’alourdissement des peines prévues pour certaines infractions (encore faudra-t-il que les juges les appliquent). Ah oui, nous sommes ravis des subsides accordés aux refuges, car bon nombre d’entre eux en ont eu cruellement besoin pour maintenir leurs installations à un niveau correct. Malheureusement, les grosses boîtes du bien-être animal en ont plus que profité également, alors qu’elles, être dans le besoin, elles ne connaissent pas. Quant à savoir si la seconde vague de subsides proposés aux refuge cette année aboutira, nous l’ignorons totalement.

Les moinsVenons-en aux casseroles, et c’est une batterie digne d’une cuisine industrielle que l’on peut accrocher.  A commencer par celle de la mise en place par le ministre Carlo Di Antonio du premier Conseil du Bien-être animal, dont les membres furent désignés, unilatéralement par lui-même. C’est ainsi que les deux sièges attribués aux associations furent confiés à Animaux En Péril (refuge ayant abandonné chiens et chats pour ne se consacrer qu’aux animaux de ferme), et Gaïa, association administrative … Bruxelloise. Difficile, voire même impossible de faire entendre la voix des nombreuses associations qui œuvrent sur le terrain dans ces conditions. Bien évidemment la suite du mandat confirme ce fait.

La seconde casserole concerne le secteur associatif. Dès le début de son mandat, nous avions tenté d’attirer son attention sur le fait que, depuis 1986, le secteur avait bien changé, et qu’aujourd’hui, à côté des refuges existaient une multitude d’associations, certaines vraies, d’autres créées afin de couvrir de activités lucratives, et qu’il serait opportun de mettre de l’ordre, en créant un agrément basé sur d’autres critères que ceux des refuges. Aujourd’hui, le nouveau code wallon du bien-être animal y fait bien référence, sauf que, … l’arrêté d’application n’a jamais été pris.

Puissance Cat ? Troisième casserole porte le nom de Puissance Cats. En 2016, afin de sensibiliser les plus jeunes au bien-être animal, le ministre avait lancé un concours interclasses afin de proposer un jeu instructif et attractif à distribuer dans les écoles. C’est une classe de Nivelles qui fut lauréate. Grande remise de prix fin juin 2016, et depuis, … plus rien. Aucune école n’a reçu d’exemplaire.  Personne n’a vu le jeu terminé.

Quatrième casserole fut cette barrière instaurée aux mêmes associations, de par la mise en application du décret « publicité » n’accordant une autorisation de publication des animaux proposés à l’adoption sur ses propres supports qu’aux refuges, reléguant les associations au même niveau qu’un particulier en les renvoyant vers les rares sites qui furent agréés (dont celui que nous avons créé avec les moyens du bord : www.adoptions-animaux.be). Nous pensions qu’une ouverture allait tout de même se faire avec la fonction de « facilitateur » qui fut annoncée mais qui apparemment le texte décrétal est resté dans son attaché-case … Aujourd’hui, les associations continuent dans un grand flou juridique à tenter d’accomplir leurs missions sur le terrain.

Parlons-en du terrain, sujet d’une troisième casserole. Le nouveau décret relatif aux félins exige une stérilisation, identification et un enregistrement de chacun de ceux-ci au 31 décembre 2018 au plus tard (sauf ceux utilisés par les éleveurs pour faire de la reproduction), mesures obligatoires accompagnées d’une petite et discrète taxe unique imposée lors de l’enregistrement. Cette mesure, excellente sur papier, est toutefois extrêmement difficile à faire appliquer. Le même décret a également limité les donations de chats, en n’autorisant plus que les refuges agréés à accepter un chat non en ordre. Légalement donc, fini de confier des chatons retrouvés dans des sacs, en pleine forêt, dans un carton, nés dans la cave ou le jardin… à une association ou une connaissance. Moralité, depuis 2017, le nombre de chat(on)s explose dans les refuges. Rares déjà à ce jour un refuge n’affichant pas complet.

La cinquième casserole concerne les subsides. En 2017 pour la première fois, le ministre Di Antonio décida d’octroyer un montant de 6.000 € par refuge agréé, selon une procédure tellement simple que même les refuges créés dans des habitations privées purent y prétendre, ce qui en résumé, procura un subside pour des travaux personnels. Le jour où l’association arrête son activité, les travaux réalisés étant immobiliers deviennent propriété du propriétaire des lieux. D’un coup de baguette magique, le montant de 6.000 € passa à 12.000 €, et … 24.000 € pour quelques grosses structures, dont une qui venait d’inaugurer ses locaux. Rénover du neuf, c’est une idée aussi… Par contre, envers toutes les associations qui s’occupent de la stérilisation de chats errants et sauvages, pas 1 copeck. Nada.
La palme des subsides octroyés revient quand même à celui de 160.000 € généreusement donné à une toute nouvelle association née des entrailles de ses quelques refuges-partenaires-politiques, ceux-là même qu’il a soutenu lorsqu’ils se sont érigés contre l’Unité du Bien-Être Animal Wallon (service officiel dépendant du Ministre) pour avoir copié ce qui existait déjà (site internet dédié aux adoptions, regroupement de refuges et associations, actions envers les animaux des démunis).  La seule innovation est dans le fait que cette association compte faire du lobbying envers les politiques… Carlo Di Antonio a donc fourni les moyens de se faire flageller. Tout ceci bien évidemment sans tenir compte du fait qu’une procédure de marché public aurait certainement dû être mise en place.
Au passage, rappelons-nous les 40.000 € généreusement donnés à une association Douroise (composée à l’origine en partie de son personnel ministériel) afin de mettre sur pied durant deux années un salon du bien-être animal local. Subside révélé par la presse, du coup salon supprimé. Conséquence, mort du salon Dourois (la localité dont il est bourgmestre empêché). Et ne venez pas dire que nous sommes de mauvaise foi, car déjà en 2017 l’intéressé a fait l’objet d’une question parlementaire sur l’impartialité de l’octroi des subsides.

Di Antonio en visite à la SPA de La LouvièreSixième casserole, alors que de nombreux signalements des conditions de détentions déplorables des animaux à la SPA de La Louvière. Carlo Di Antonio ne trouve rien de mieux que d’aller poser avec l’équipe, … et un chien. Lorsque nous lui demandons s’il a été voir les conditions de détention de ce chien, la réponse fut que celles-ci ne le regardaient pas. Aujourd’hui, les cages sont toujours aussi exigûes et non conformes, et son soutien est sans faille. Pourtant, ce n’est pas un problème de liquidités qui empêche des améliorations.

La septième casserole pourrait être une sixième casserole bis. Il s’agit du soutien inconditionnel à Animaux En Péril qui le 31 décembre 2014, a volontairement fermé l’accueil pour chiens et chats du Brabant wallon. On ne peut aimer les animaux, se battre pour eux, et les abandonner sans solution. Et pourtant …

Vient ensuite la huitième casserole qui est celle qui concerne son attitude envers son service de l’Unité du Bien-Être Animal. Loin d’avoir tenu ses promesses de le renforcer en nombre, le bilan de fin de mandat est plutôt catastrophique. Selon les informations reçues, de 17 membres en 2014, il serait réduit aujourd’hui à une dizaine. Apportant son soutien au groupuscule grève (et ensuite guerre) des refuges (qui sollicitait le démantèlement pur et simple de l’UBEAW, il prit un étonnant virage à 180° devant les parlementaires wallons en relevant l’excellent travail … du même service.

Neuvième casserole : Avoir autorisé en 2015 une exploitation de plus de 38.000 volailles en batterie à Marquain, alors qu’il les a interdites dans son nouveau Code du bien-être animal.

Quant à la dixième, aucun changement pour les porcelets qui seront toujours castrés à vif, aucune mesure quant aux espaces minimum pour l’élevage du bétail, ni interdiction du gavage des oies et des canards.

L’aura du ministre fera l’objet de la onzième casserole. Le tout nouveau texte relatif aux élevages d’animaux n’est pas issu de son travail, mais est issu d’un long travail de deux parlementaires wallons : Philippe Dodrimont ( MR) et Isabelle Moinet (Cdh).

Nous terminerons ce relevé partiel avec le merveilleux paysage que le ministre Di Antonio nous offre depuis quelques mois au long des routes et autoroutes wallonnes, totalement déboisées

Nous pourrions encore ajouter quelques propos pimentés mais nous limiterons à deux. Le premier concerne une dame avec peu de moyens détenant deux chats

Pas de moyens, pas de chat selon Di Antonio

et le second en réponse à une question de notre président sur un sujet écologique sensible des bus électriques

Une pollution majeure

Contrairement à l’attitude du ministre Di Antonio qui jusqu’au dernier jour aura eu cette attitude plus que méprisante envers les associations, nous avons bénéficié, de la part du parti partenaire de la dernière majorité régionale (MR) d’une oreille attentive et une excellente écoute envers nos revendications. Certaines ont même été insérées dans divers décrets 😉 . En conclusion, il nous semble plus que favorable pour la réelle défense des animaux et de ses artisans de confier le portefeuille ministériel à quelqu’un d’autre.

 

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