Cadeaux du Ministre Di Antonio: 40.000€ pour un salon, 400.000€ pour les refuges !!! (Et peau de banane pour les associations.)

Alors qu’il y a quelques jours Le vif/l’express pointait dans un très long article détaillé sur la situation du Ministre, une subsidiation régionale de 40.000€ en deux ans du Ministre Di Antonio à une asbl fondée par deux de ses collaboratrices (asbl BEA), tout en refusant un subside de 500 € à un salon liégeois (Animal’s Day seconde édition), la bonne nouvelle pour les refuges ayant introduit une demande de subside est tombée par un commentaire publié par ledit Ministre sur sa page communautaire sur Facebook “Bien-être animal en Wallonie“. Toutes les demandes ont été acceptées (63 dossiers introduits sur 90 refuges agréés en Wallonie). Chaque refuge recevra donc 6.000€ (12.000€ apparemment pour certains …), les pauvres comme les riches, comme les très riches, comme les immensément riches. Près de 400.000,00 € à distribuer. Pour 95% des refuges, cette aide est réellement la bienvenue, et nous en sommes franchement contents. Une première reconnaissance envers ceux qui œuvrent depuis longtemps sans autre aide que les dons et legs, il était grand temps que cette reconnaissance prenne naissance. Si cette subsidiation pouvait être annuelle, ce serait même merveilleux.

Là où le bât blesse, c’est qu’on peut imaginer qu’Animaux en Péril qui via son président Jean-Marc Montegnies déclarait le 25 septembre dernier dans la DH  “se réjouir encore que pour la première fois de son histoire, le refuge devrait prochainement recevoir du ministère wallon du bien-être animal un subside de 12.000€ qui permettra au refuge de construire de nouvelles infrastructures et d’acquérir du matériel supplémentaire.” Message pratiquement alarmiste pour le reste de l’article intitulé “Sans les legs, le refuge devrait réduire ses activités“. Animaux en Péril est quand même, selon les comptes annuels déposés à la Banque Nationale, à la tête d’un actif de 10.947.741,00€ au 31 décembre 2016, soit une augmentation de 2.200.300,00€ depuis les comptes du 31 décembre 2014, date à laquelle le refuge pour chiens et chats de Braine l’Alleud a été abandonné volontairement. A-t-elle réellement besoin de 12.000€ (soit 0,5% de son augmentation de patrimoine sur 2 ans) pour construire de nouvelles infrastructures et acquérir du matériel complémentaire ? Qu’à cela ne tienne, cadeau du Ministre qui ne peut être dans l’ignorance de la situation, ce “refuge associatif” squattant l’un des deux sièges réservés au sein du Conseil du bien-être animal à une association (les refuges disposant de deux sièges distincts).

Le secret des conditions d’octroi était tellement bien gardé, que selon les déclarations de Bernard Gilson, Président du refuge de Beausart et également président du cdH (même parti que celui du Ministre Di Antonio) de Couvin dans un article de Sud Presse du 17 octobre dernier, celui-ci ne s’inquiète pas trop : il assure dans un premier temps qu’il bénéficiera d’un subside de 12.000 euros. Il n’a pourtant obtenu aucune confirmation d’octroi d’aide, mais il semble être certain que son refuge pourra en bénéficier. Il précise même que «  Le ministre a un portefeuille de subsides (NdlR : qui s’élève à 480.000 euros) et tous les refuges n’ont pas répondu à l’appel à projets. Il restera peut-être un peu d’argent qu’il distribuera ensuite  ». Gonflé ? Absolument pas vu qu’il a participé en tant qu’expert des refuges à l’élaboration des conditions d’octroi. Si les comptes sont bons, entre les 540.000 € estimés pour les 90 refuges et la réelle donation de 6.000,00€ aux 63 refuges, il resterait donc 162.000,00 € non distribués. Distribuer un peu plus à certains ne devrait poser de problème. Fin 2017 nous avions introduit une demande de subside (sur les conseils de son échevin du Bien-être Animal Dourois) pour nous aider dans notre action, mais, … les caisses étaient vides. Normal, 23.000,00 € pour un salon “animalier” sur son entité, ça laisse tout de suite moins de possibilités pour ceux qui s’occupent concrètement des animaux. De manière plus générale, les associations sans refuge, donc non élites aux yeux du Ministre attendent toujours depuis 2014 une reconnaissance officielle, et là, rien ne bouge. Aucun agrément, toujours en attente d’un statut de facilitateur promis en mai dernier, toujours bridées pour publier comme les refuges leurs animaux à adopter, … C’est tellement complexe nous a assuré le Ministre, … Il faut faire changer une Loi. N’est-ce pas son métier ? Et puis, quelle association arbore les couloirs du Ministère en qualité d'”experte associative” ? La question a été posée au Ministre qui n’y a toujours pas répondu!

Ajoutons à tout ceci une dernière information émanant du Ministre lui-même sur une visite rendue à la SPA de LA Louvière le 24 octobre dernier, et assurer son soutien, alors que depuis de nombreuses années la détention des animaux y est non conforme, faits encore dénoncés sur notre site (images à l’appui) en juillet dernier, situation non régularisée pour on ne sait quels motifs, mais certainement pas financiers, car des fonds il y en a.
Serait-ce parce qu’un ancien médecin vétérinaire de l’Unité du Bien-être Animal y est administrateur, ou pour féliciter celui-ci pour 10 ans d’irrégularités ? Autre supposition, le Ministre se serait arrêté à l’accueil sans visiter le hangar. Parce qu’apporter un soutien à une situation non conforme , c’est un peu comme encourager à rouler à du 200 km/h sur autoroute. Pourtant ces conditions, il ne doit pas les ignorer vu que dans les conditions d’octroi au subside, il rappelle tout de même que Ces établissements répondent à des critères stricts en matière d’équipement, d’hygiène, de soins vétérinaires et de sécurité pour les animaux qu’ils recueillent. Et à La SPA de LA Louvière, même un borgne ne pourrait passer à côté des illégalités.

Le monde de la protection animale devrait être beaucoup plus uni pour s’attaquer aux vrais problèmes et éviter de critiquer ceux qui tentent de les résoudre affichait le Ministre. Et si vous commenciez par unir et aider, plutôt que de différencier et favoriser une partie de ce monde Monsieur Di Antonio ? L’exemple vient souvent d’en haut!

Nous, on a compris que le bien-être animal en Wallonie n’est qu’utopie, que tous les animaux n’ont pas la même valeur aux yeux du Ministre Di Antonio. Ceux qui dépendent des associations ont bien moins d’intérêts que les autres. Nous sommes loin d’être les seuls à faire ce constat. Il suffit de lire le nombre de commentaires plutôt négatifs sur sa page du Bien-être animal en Wallonie.

“En 2014 nous étions pleins d’espoir, en 2017 nous déchantons énormément, en 2019 on s’en souviendra”.

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