Faciliter la recherche d’animaux perdus n’entre pas dans les intentions de Carlo Di Antonio (Une preuve de plus du désintérêt ministériel envers le travail des associations)


Au vu des largesses du ministre Di Antonio cette année (et l’année passée dans d’autres mesures), nous nous étions dit que c’était le bon moment pour présenter une demande de subside pour un projet qui rumine depuis plusieurs mois. Après tout, quand on a 514.000 € à donner à ses partenaires que sont les refuges agréés, ou 40.000 € pour mettre sur pied un salon du bien-être animal sur son fief électoral, on aurait bien deux billets mauves en trop s’était-on dit. Tant qu’à faire, on a un dossier en cours qui coûte justement cette somme, alors pourquoi ne pas demander nous aussi un coup de pouce à ce Ministre afin de voir que concrètement, effectivement, il apprécie aussi les associations et leur travail sur le terrain.

Suite à diverses aides auxquelles nous avions répondu présents, et qui concernaient des recherches d’animaux perdus, nous avons testé l’utilisation d’un appareil qui est maintenant bien connu et utilisé même par les forces de l’ordre. Un drone. Les tests réalisés sur le terrain ont démontré que ce genre d’appareil remplace facilement en zone découverte, la présence de plusieurs dizaines de bénévoles, et diminue le temps de recherche sur une zone délimitée, ce qui, vous en conviendrez est très important en cas de recherche tant d’animaux que d’êtres humains.

Cependant, même si l’achat d’un tel appareil a été effectué de manière privée et sur fonds privés, il reste, afin de se conformer à la législation, à acquérir une licence obtenue après formation et examen. Nous nous étions rabattus sur la première licence permettant une utilisation sur la voie publique, une licence classe 2, qui revient, examen compris à environ 1.000 € selon la formation agréée choisie.

Convaincus du bien fondé de cette utilisation nouvelle, nous avons donc introduit un dossier argumenté auprès du Ministre Di Antonio en date du 03 novembre dernier, convaincus que le concepteur du festival de Dour (qui au passage a vu son subside régional augmenter de 11.000 € pour l’année prochaine) comprendrait facilement l’avancée manifeste et la facilité de travail sur le terrain.

Notre analyse fut fausse, car après rappel transmis le 25 novembre, la réponse tomba par voie de mail, réponse recopiée mot à mot :

Bonjour,

Nous n’avons pas prévu pour le moment d’appel à projet pour ce type de subventions 

Bien à vous

Carlo Di Antonio

Jusque là, on pourrait comprendre le refus, sauf que, par soucis de clarté, nous avons demandé sur base de quel appel le SIBA (salon du bien-être animal Dourois) avait reçu en deux ans la somme de 40.000€, car  malgré de nombreuses recherches effectuées, nous n’en avons trouvé trace.

Mais au lieu de préciser l’information, c’est une réponse politicienne qui arriva en retour :

Nous n’octroyons pas de subsides sous la menace. 

Vos attaques incessantes sur les réseaux sociaux ne nous permettent pas non plus de collaborer dans la sérénité.

Les accusations quotidiennes vis à vis de nos partenaires que sont les refuges agréés vous font perdre toute crédibilité.

Bien à vous

Carlo Di Antonio

Détention d'un chien à la SPA de LLDéjà, ce n’est pas parce que nous nous efforçons de communiquer une information la plus juste possible que nous fassions la moindre menace. Prendre la défense des animaux pour l’asbl Sans Maître, c’est aussi dénoncer les dérives d’où qu’elles proviennent, à partir du moment où celles-ci créent une distinction et des difficultés dans l’aide apportée. Les accusations que nous avons fait, faisons et ferons ne concernent pas les refuges agréés, mais bien le comportement ministériel envers certains refuges agréés et son favoritisme flagrant. Quand nous pointons le fait que par un subtil jeu d’écriture, il octroie 24.000 € à un refuge qui vient à peine d’être inauguré, c’est son manque de neutralité que nous mettons en avant. Quand il octroie 12.000 € à la SPA de La Louvière, alors que ses critères déterminent que “le refuge doit être en ordre d’agrément“, nous soulevons plus qu’on doute légitime sur ses connaissances des lieux! Quand par après on voit qu’il a rendu visite à ce refuge et qu’il lui apporte son soutien, le doute n’est plus permis. Il soutient une situation non conforme au dispositions reprise dans le décret du 27 avril 2007, car si lui ne voit pas d’infraction, nous oui, preuves photographiques et vidéo à l’appui.

Il faut également savoir que même lorsqu’il accorde des largesses financières aux refuges, ce n’est pas à tous les refuges, vu que les plus petits, qui n’ont une capacité d’accueil de 15 animaux minimum, ne pouvaient prétendre à rien. Pourtant eux aussi auraient des travaux à réaliser ou du matériel à acquérir, avec encore moins de moyens que les autres ( quotas requis et montants octroyés : 15 à 25 animaux : 3.000 euros, 25 à 50 animaux : 4.000 euros, 50 à 75 animaux : 5.000 euros, Plus de 75 animaux : 6.000 euros). La volonté déclarée du ministre étant de permettre aux refuges de réaliser des investissements. Gageons qu’avec 24.000 € de moins, Animaux En Péril ne pourrait faire aucun investissement sur ses près de 11 millions de fonds propres.

Pour notre part, le ministre Di Antonio a perdu toute crédibilité dans son action sincère et honnête envers les animaux et ceux qui œuvrent pour leur bien-être, sans disposer d’installations d’accueil. En un peu plus de 3 années de détention du portefeuille du Bien-être Animal, malheureusement, nous n’avons vu aucune avancée envers les associations, les nouveaux textes ont un effet plus que limité, et les interventions et saisies de l’UBEA sont toujours rares et inefficaces. Quant à une collaboration correcte entre le Ministère et les associations, au vu du mépris de Carlo Di Antonio, il y a peu d’espoir de voir une réelle efficacité voir le jour dans les deux prochaines années.

Quant à notre projet de créer le premier service de recherche d’animaux perdus par drone, il faudra une nouvelle fois compter sur la générosité privée (ou un partenariat d’entreprise) pour le concrétiser car il est hors de question d’utiliser de manière conséquente les dons reçus jusqu’à présent pour une aide aux animaux que nous prenons en charge.

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