La guerre des refuges est-elle réellement faite en faveur des animaux ? (Entre propos, contre-propos, questions et réponses parlementaires, on s'y perd ...)


Nous vous faisons déjà part le 16 mai dernier, de nos interrogations relatives au réel but de cette grève-guerre de certains refuges et ce n’est certainement pas notre analyse plus approfondie qui clarifiera la situation, avouons-le.

Résumé des faits : Le 15 mai dernier, un communiqué d’une coalition de refuges wallons entrait en “grève-guerre” contre l’Unité du Bien-Être Animal Wallon suite à une décision de confier une petite vingtaine d’animaux dits d’élevage saisis en mars dernier pour mauvais traitements, à un éleveur. A la tête de cette coalition, Animaux En Péril, Sans Collier et La SPA de La Louvière, rejoints par d’autres, donc certains se sont déjà retirés … Il était inconcevable pour ces refuges de voir confier des animaux dont ils avaient eu la garde à un éleveur marchand qui plus que probablement les aurait un jour où l’autre remis dans la chaîne alimentaire. SCANDALE !!! Scandale ? A l’exception de Sans Collier qui n’euthanasie pas, durant de très nombreuses années, les deux autres ont euthanasié bon nombre de chiens et chats pour divers motifs autres que la maladie ou la souffrance. Le jour même, le Ministre Di Antonio désapprouvait son service (et la législation pourtant respectée à 100% par l’UBEAW) en ordonnant le maintien de ces animaux dans les refuges.

Bien médiatisée, cette coalition a réussi en quelques heures à faire prendre au ministre Di Antonio une mesure allant à l’encontre de la décision de son service, et annoncer une réforme de celui-ci, avant même que le sujet ne soit débattu au Parlement Wallon, comme l’a souligné Mme Gonzalez Moyano ( députée PS) lors de la séance publique du 4 juin dernier “ J’aurais quelques remarques et quelques questions à l’attention de mes collègues. Dans un premier temps, je me demande à quoi vont servir nos débats puisque je pouvais déjà lire vendredi sur le site du Bien-être animal, le site Facebook : saisie des animaux maltraités, nouvelle mesure prochainement d’application alors que le texte n’était pas encore arrivé en commission. Ainsi donc à l’heure de la communication du Ministre Di Antonio sur les nouvelles mesures qui allaient être mises en application étaient encore totalement inconnues de ceux-là même qui devraient les voter !!! -Etrange- 😯

Etrange aussi cette désapprobation publique envers le UBEAW alors que lors des débats publics du 4 juin, le même Ministre Di Antonio déclarait ” Ce qu’a fait l’unité du Bien-être animal dans le cas qui a suscité des réactions est tout à fait correct. Ils ont bien travaillé, ils s’étaient assurés que les destinations finales étaient des destinations où les animaux allaient être très bien accueillis. Il n’était pas question, comme cela a été,à un moment donné cité dans la presse, que installé chez un éleveur ils allaient être à l’abattoir le surlendemain. Psychologiquement je pense qu’il ne fallait pas agir de cette façon-là, quand dans les refuges arrivent des animaux en très mauvais état, qu’on les retape et au bout de deux mois ils se portent un peu mieux, que l’on va les reprendre même si c’est pour les mettre dans un endroit tout à fait adéquat, cela reste une étape difficile, il fallait donc mieux qu’ils restent dans les refuges. Les refuges sont d’ailleurs en train de négocier aujourd’hui des destinations avec des adoptants, dont certains sont d’ailleurs ceux qui étaient prévus par l’Unité du Bien-être animal comme étant les futurs propriétaires des animaux, c’est le cas notamment pour les chevaux.” La question que nous nous posons dès lors : Est-ce que psychologiquement il est concevable de s’occuper d’animaux abandonnés pour ensuite les euthanasier par manque de place ou autre ? Pour nous la réponse est clairement NON, et pourtant comme dit plus haut, ces initiateurs du mouvement l’ont fait durant de nombreuses années sans avoir apparemment de problème “psychologique”.

Et les associations sans refuge dans tout ça ? l’amalgame est assez bien tourné dans les différentes communications, car dans le milieu, la différence entre refuges (qui sont effectivement des associations) et associations (sous entendu sans refuge) est connue et appliquée. Jusqu’à aujourd’hui (et probablement demain encore) seuls les refuges peuvent être agréés. Les associations ne le sont donc pas, et mènent SANS SOUTIEN DE CETTE COALITION DE REFUGES depuis bon nombre d’années diverses tentatives afin d’avoir une reconnaissance ministérielle. Il est très mesquin d’utiliser dans la même communication les termes “refuges” et “associations”, bien que celles-ci aient toutes été solidaires envers, … les animaux (ou silencieuses).

Coalition des "principaux refuges"
La coalition des “principaux” refuges avec le Ministre – Aucune association “non refuge” n’est présente

Il est un fait que de très nombreux acteurs (agréés ou pas) ont des griefs envers l’UBEAW (classements sans suites, absence de réactions, contrôles bâclés, …) mais sont également conscients que ce service a besoin de renfort humains, et non pas d’un allègement de ses missions.

Tout s’est si bien enchaîné, dans un laps de temps si court, qu’il est légitime de se demander s’il n’y a pas une coalition, non seulement des refuges, mais également du Ministre pour tenter de mettre sur une voie de garage l’UBEAW (voire sa destitution comme demandé par les refuges), service avec lequel ce dernier éprouve depuis plusieurs années quelques dissensions ? Question d’autant plus légitime au regard de l’ignorance feinte du même Ministre envers la demande totalement légitime de reconnaissance des associations, non pas sur des critères subjectifs comme il est prévu dans le projet de nouveau décret, mais bien objectifs.  Mais cette attitude ne date pas d’hier, Carlo Di Antonio ayant délibérément attribué les 2 sièges dévolus aux associations au sein du Conseil du Bien-être Animal à … Animaux en Péril et Gaïa (refuge et association non wallonne).

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