Les associations pas “professionnelles” ?


Madame Tellier,

Suite à votre dernière communication, je me permets de marquer un grand étonnement et une forte interrogation sur vos connaissances du milieu associatif. En effet, vous avez déclaré « j’encourage chaque personne qui souhaite accueillir un animal à privilégier les professionnels agréés. Ceux-ci pourront les conseiller au mieux et les accompagner dans cette belle et exigeante aventure ». Ainsi donc, il est sous-entendu que les associations ne sont pas sérieuses ni « professionnelles » dans leurs actions, ne disposant tout simplement pas d’un agrément. Faut-il vous rappeler que si aucune association ne dispose d’un agrément adéquat c’est parce que vous n’avez jusqu’à ce jour pas pris le temps de prendre un décret fixant les conditions d’agrémentation malgré nos différentes interventions et notre rappel fait en juillet dernier en vos locaux ?

Jusqu’à ce jour, ce n’est qu’à coup d’astuces que les associations arrivent tant bien que mal à faire adopter les protégés qu’elles accueillent. Interdiction de publication d’annonces sur leurs supports présentant les animaux à adopter, subsides de fonctionnement inexistants, désintérêt total des représentants choisis au sein du Conseil Consultatif du bien-être animal régional, … ce n’est apparemment pas demain la veille que les associations mériteront votre reconnaissance et votre aide pour le travail quotidiennement accompli.

Et pourtant, la majorité des interventions pour les chats errants, la création de la première banque alimentaire pour animaux, ce sont les associations. Les animaux abandonnés qui évitent les cellules bétonnées et grillagées, Ce sont les associations. Les visites pré et post adoptions permettant une certaine assurance sur une bonne adoption, ce sont très majoritairement les associations aussi.

Selon vous, seuls les professionnels agréés sont capables de conseiller et accompagner les acquéreurs d’animaux ? Connaissez-vous le taux de retour d’adoptions, d’abandons d’animaux achetés en dépit de tout bon sens ? Pensez-vous que sous prétexte de demander un papier portant un sceau communal ces professionnels sont dignes de confiance ? Vous rappelez-vous que pour une quarantaine de personnes actuellement déchues de détenir un animal ce sont des millions de personnes qui sont tenues, si elles s’adressent à ces professionnels, d’entamer des démarches (et de payer bien souvent) pour l’obtention d’un simple document administratif ? Dans sa forme actuelle, ce ne sont nullement les animaux qui sont quelque peu protégés. Il est tellement facile de contourner ce texte (cf. nos remarques transmises le 12 septembre dernier à votre cabinet et annexées au présent).

Nous ne sommes pas des « professionnels » à vos yeux, et pourtant, nous avons pu par de simples dialogues et une analyse attentive, découvrir toutes les lacunes de votre texte législatif pourtant créé par des experts professionnels. Apparemment, les nombreux professionnels consultés n’ont pas été capables d’analyser ce qui semble évident. Il est très regrettable de constater que cette « avancée » profite aux enseignes des autres régions de notre pays, voire même étrangères, et pire encore aux fraudeurs, producteurs « amateurs » qui pullulent sur les réseaux sociaux sans aucun épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

Madame la ministre, les associations ne sont pas professionnelles selon vos critères mais elles le sont bien plus que certains professionnels dans le sérieux de leurs actions.

Thierry Arnould,
Président d’une association « pas professionnelle de fait».

Faire vos achats chez Zooplus en passant par notre lien apporte à nos protégés 2% du montant de votre commande hors TVA.