Lettre ouverte au Ministre Carlo Di Antonio (Les fantômes rappellent qu'ils existent)

Lettre au Ministre Di Antonio

Monsieur le Ministre,

C’est avec un certain étonnement (et une certaine joie en pensant à certains refuges), que nous avons pris connaissance de votre communiqué de presse relatif au subside repris ci-dessus.

Etonnement car vous semblez oublier une fois de plus les nombreuses associations de terrain qui agissent sans refuge et qui, pour bon nombre, ont également (et parfois plus) besoin de matériel que certains refuges agréés. Mais voilà, aucun agrément n’existant, le retranchement derrière cette condition est plus que facile. Toutes les associations ne souhaitent pas demander un agrément « refuge » sur base d’une installation proposée dans une maison unifamiliale, estimant qu’un agrément est bien plus qu’un numéro, mais doit correspondre à de réelles installations adaptées.

Ne serait-il plus opportun de tout d’abord actualiser les conditions d’agrément pour lesdits refuges et de faire correspondre la législation avec la réalité d’aujourd’hui, la présence de nombreuses associations qui existent sans aucun encadrement légal. Cependant, vous devez savoir tout de même que ce sont majoritairement ces associations qui vous aident le plus sur le plan de la stérilisation des chats errants ! N’ont-elles elles aussi besoin de financements pour effectuer leur tâche ? Selon nos informations, la commune dont vous êtes Bourgmestre empêché collabore également avec une association sans agrément, vu qu’elle n’est un refuge.

Vos récentes décisions et décrets tentent à prouver que vous ignorez une bonne partie du travail effectué sur le terrain, et du fonctionnement concret même de ce secteur. Ainsi votre communiqué nous annonce des chiffres inexacts. « 6 chiens sur 10 ont été accueillis en refuge après avoir été trouvés sur la voie publique, 4 chiens sur 10 ont été déposés par leur propriétaire au refuge. –             Près de 25% des chats ont été déposés directement au refuge et 75% ont été trouvés sur la voie publique ». Nous arrivons bien à des totaux de 100 %, mais où sont repris les animaux repris par les associations sans refuge monsieur le Ministre ? Il vous sera impossible de répondre, car ce secteur vous importe peu apparemment. Depuis la sortie du décret « publicité » vous ne pouvez plus ignorer l’existence de ces animaux cependant, car combien de fois avez-vous été interpellé au sujet de celui-ci et des difficultés que vous créez volontairement envers ces associations ! Un vent léger nous apporta en mai dernier un statut de « facilitateur » statut tombé apparemment aux oubliettes jusqu’à ce jour.

Jusqu’à présent, les associations sont toujours considérées comme tout un chacun, ne pouvant proposer ailleurs que sur les quelques supports agréés leurs animaux à adopter, alors que les refuges disposent de l’énorme avantage de pouvoir les proposer sur leurs supports (sites ET pages Facebook).

Monsieur le Ministre Di Antonio, il est plus que temps d’avancer de manière logique et structurée, en prenant en compte tous les acteurs du bien-être animal. Et pour ce faire, il est plus que nécessaire de commencer par mettre en place deux représentants réels des associations, en lieu et place d’un refuge et d’une association qui est totalement inexistante sur le terrain (et pas wallonne non plus).

Mais après tout, votre but ultime n’est-il pas de supprimer l’existence des associations sans refuge ? En regardant derrière nous, depuis le début de votre mandat, nous ne trouvons aucune avancée positive réalisée en vue de faciliter le travail envers les animaux, à commencer par l’absence à vos côtés d’interlocuteurs de ce secteur associatif, et pourtant, ce n’est pas faute de vous avoir tendu la main, voire les deux.

Nous sommes très curieux de voir combien de refuges vont bénéficier de largesses financières, et si certains, dont les conditions illégales de détentions d’animaux vous ont été signalés et qui étrangement ne font l’objet d’aucune mesure, en bénéficieront également.

En attendant, nous, associations sans refuge, tenterons de continuer à exister uniquement comme nous le faisons jusqu’à présent, grâce aux dons reçus de particuliers.

Respectueusement,

Pour l’asbl Sans Maître,

Thierry Arnould,

Président