Nouveau Conseil Wallon du bien-être animal – La Ministre Tellier justifie comme elle peut l’absence d’associations wallonnes (On est déjà sorti de l'auberge wallonne)


Philippe Dodrimont

Suite à notre constat relatif au nouveau conseil régional wallon du bien-être animal, nous avons adressé un courrier interrogatif à la Ministre Tellier, et copie à certains députés régionaux intéressés par le bien-être animal. Le premier à avoir réagi et interpellé la Ministre est Philippe Dodrimont (que nous remercions pour sa réactivité). Voici l’intégralité de l’intervention. Sous celle-ci, nos petites réflexions d’usage. Bonne lecture.

QUESTION ORALE DE M. DODRIMONT À MME TELLIER, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA NATURE, DE LA FORÊT, DE LA RURALITÉ ET DU BIEN-ÊTRE ANIMAL, SUR « LA DÉSIGNATION DES MEMBRES DU CONSEIL RÉGIONAL WALLON DU BIEN-ÊTRE ANIMAL »
M. le Président. – L’ordre du jour appelle la question orale de M. Dodrimont à Mme Tellier, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal, sur « la désignation des membres du Conseil régional wallon du bien-être animal ». P.W. – C.R.A.C. N° 156 (2019-2020) – Mardi 14 juillet 2020 58 La parole est à M. Dodrimont pour poser sa question.
M. Dodrimont (MR).Madame la Ministre, j’ai récemment été sollicité par l’ASBL Sans maître au sujet de la désignation des membres du second Conseil régional wallon du bien-être animal. Selon cette ASBL, il apparaît que les deux membres désignés pour représenter les associations wallonnes du bien-être animal sont issus de la Région bruxelloise alors qu’il existe, on le sait, pléthore d’associations pour le bien-être animal sur le territoire wallon. De plus, toujours selon l’ASBL Sans maître, Gaia, l’une des deux associations bruxelloises désignées n’a plus effectué de réelle action concrète depuis un bout de temps et ne semble pas s’intéresser de près, je cite : « aux actions et problèmes des associations wallonnes ». Je laisse évidemment la paternité de cela à l’ASBL dont question. La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux constitue une seconde association désignée pour représenter les associations wallonnes du bien-être animal. Cependant, ce secteur semble plutôt s’apparenter spécifiquement aux priorités des centres Creaves et de Natagora. On peut le comprendre, évidemment, vu son objet. N’aurait-il dès lors pas été possible de choisir des associations plus représentatives du bien-être animal wallon que les deux associations que je viens de citer ? En ce qui concerne la représentation des refuges, c’est l’Union wallonne de la protection animale qui a été désignée. Ici, l’ASBL Sans maître pointe du doigt l’éthique de la désignation de l’UWPA qui, apparemment, annonce clairement dans ses statuts vouloir faire pression sur les administrations et le monde politique notamment en préparant des manifestations. La volonté affichée par l’UWPA ne semble donc pas représenter la majeure partie des occupations et préoccupations des nombreux refuges wallons. Et là, c’est moi qui cite cette phrase. N’y a-t-il pas, Madame la Ministre, une réflexion à avoir sur ces désignations ? N’aurait-il pas été préférable de choisir des associations plus représentatives des refuges wallons ou associations wallonnes ?
M. le Président. – La parole est à Mme la Ministre Tellier. Mme Tellier, Ministre de l’Environnement, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité et du Bien-être animal. –
Mme Tellier. Monsieur le Député, je rappelle que le Conseil wallon du bien-être des animaux étudie les questions relatives à la protection et au bien-être des animaux, comme son nom l’indique. Sa composition et son fonctionnement sont fixés par l’arrêté du 26 février 2015. À la suite d’un appel à candidatures publié au Moniteur belge, j’ai désigné les membres de ce conseil pour un nouveau mandat de cinq ans le 1er juillet dernier. Les dossiers de candidatures ont été analysés avec une attention particulière justement sur la représentativité des candidats. Ce choix peut bien évidemment entraîner des déceptions pour les candidatures non retenues. Je suis néanmoins surprise que la représentativité des organismes choisis soit remise en cause. En effet, l’association Gaia, qui est évidemment nationale et non bruxelloise, représente plus de 75 000 membres dans tout le pays. Elle se montre très active sur notre territoire wallon, par exemple en parcourant nos communes pour sensibiliser à la stérilisation des chats. La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux, nationale comme son nom l’indique, est également active sur le territoire wallon à travers son soutien à des centres de revalidation ou ses actions de sensibilisation au bien-être de notre faune sauvage. Cette orientation constitue un atout, les animaux sauvages ne doivent pas être les oubliés de la protection animale. Le travail des CREAVES, qui revalident des animaux sauvages blessés, est incontestablement lié au bien-être animal. Je suis convaincue que nous devons développer un rapport plus respectueux à l’égard de tous les animaux, sans discrimination. Enfin, j’ai désigné les fédérations qui m’ont semblé les plus représentatives des refuges en Wallonie. L’Union wallonne pour la protection animale est composée de 25 refuges et associations wallonnes. Le Conseil National de la protection animale regroupe notamment 14 associations et refuges wallons. Je vois difficilement comment des organes plus représentatifs de la diversité du secteur des refuges auraient pu être désignés. Je me permets par ailleurs de rappeler que, conformément à nos principes constitutionnels de base, chaque association a bien entendu la liberté d’exercer ses activités et d’exprimer ses opinions, entre autres à travers l’organisation de manifestations. Enfin, je tiens encore à remercier tous les candidats pour leur motivation à s’investir pour le bien-être des animaux. Je les encourage à prendre contact avec les représentants désignés pour leur secteur, afin de leur faire part de leurs propositions et de les y relayer.
M. le Président. – La parole est à M. Dodrimont.
M. Dodrimont (MR).Merci, Madame la Ministre, pour votre réponse. C’est un choix que je respecte, croyez-le bien, même s’il pose des questions à certains et pour ma part également. Ce n’est pas un avis critique que j’ai voulu exprimer, mais simplement un questionnement objectif. J’entends que GAIA et la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux aient une vision nationale ou fédérale. Néanmoins, le siège social de ces associations est à Bruxelles et n’est donc pas sur le territoire wallon. J’entends donc bien les perspectives décrites dans votre réponse quant à leur capacité d’action sur le territoire wallon, mais je fais malgré tout ce constat. Pour le reste, c’est vrai que toute organisation, que toute fédération a le droit de manifester, a le droit d’exprimer de manière peut-être vive ses positions par rapport à un sujet souvent très sensible. Néanmoins, voir dans des statuts qu’un des objectifs principaux est de faire pression sur les administrations et le monde politique, en préparant des manifestations, cela me semble être un peu délicat. Je voulais le signaler, mais soyons attentifs au travail réalisé par chacun et nous jugerons sur pièce, si je peux me permettre cette expression.

Camionnette chatAinsi donc, aucune association (de terrain) wallonne n’est, selon la ministre, capable d’exprimer ses problèmes rencontrés quotidiennement à l’inverse de deux associations bruxelloises spécialisées en région wallonne. Il faudrait se fier à l’analyse experte de Gaïa qui, pour seule présence sur le territoire wallon une camionnette surmontée d’un chat en polyester. Durant son précédent mandat, Gaïa ne s’est jamais préoccupée des associations wallonnes. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui ? Quant à la ligue royale belge pour la protection des oiseaux, partons du principe qu’elle pourrait être très bonne pour les volatiles, par contre pour les autres animaux, ils ne semblent pas être leur intérêt central. Retenons également que Madame Tellier ne se préoccupe pas d’avoir nommé L’Union wallonne pour la protection animale qui est fondée entr’autre pour lui tirer dans les pattes selon ses statuts.

En conclusion, une fois de plus le ministère du bien-être animal semble être bien loin du quotidien des associations de terrain. Nos pauvres animaux risquent bien de devoir attendre encore quelques années avant de voir une amélioration notable dans leur statut. Pour l’asbl Sans Maître, elle collaborera comme par le passé avec les oreilles attentives de représentants au parlement wallon.

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