Permis de détention des animaux, des adaptations pragmatiques pour une mesure efficace (Sérieusement ???)


Céline Tellier - Permis de détention

Ce n’est évidemment pas nous qui sommes les auteurs de la seconde partie du titre, mais la ministre Tellier. Nous étions des dizaines à lui avoir fait un relevé de ce qui “coinçait” dans le décret mis en œuvre le 1er juillet dernier. Et ce ne sont pas les points qui manquaient (cf. notre article du 13 septembre dernier).

On ne peut pas dire que la ministre soit sur la même fréquence que le terrain, et encore moins avec la réalité de celui-ci. Des changements, il va y en avoir, oui, mais lesquels, le communiqué de presse reçu ce jour en fait état.

Un délai de validité adapté. À partir du 1er octobre, la durée de validité du permis sera d’un an pour les espèces dont la nature ou les modalités de détention peuvent impliquer des achats réguliers. Cela concerne les poissons et les oiseaux, dont les volailles.

Un registre simplifié et un permis digitalisé. Pour l’ensemble des commerçants et des refuges, le registre des données sera simplifié et le délai de conservation des données passera de 5 à 2 ans. Bien entendu, ce registre peut être informatique. Des travaux sont en cours pour avancer sur un document informatisé afin de permettre, d’ici quelques mois, une délivrance numérique systématique, même si l’accès à un document papier restera évidemment possible pour les personnes qui le souhaitent, via le guichet communal. 

Et c’est tout, vraiment tout. Autrement dit, les points les plus importants ont été tout bonnement éludés ! Concrètement, les animaux résidants en Wallonie resteront bien plus longtemps sur le carreau que les autres, bruxellois, néerlandophones et étrangers (principalement français). Concrètement toujours, l’interdiction réelle ne sera pas étendue à tous les membres d’un même foyer, concrètement un professionnel ne sera toujours pas soumis à cette procédure pour les animaux de son commerce, concrètement, rien d’important relevé précédemment ne changera à l’avenir. Une énorme déception par rapport au bien-être animal.

Il y a quand même une personne qui se réjouit de ces mesures, la Ministre Tellier qui termine son communiqué par ces mots “Les assouplissements proposées sont la résultante de plusieurs rencontres avec les acteurs du secteur. Nous avons voulu nous adapter au mieux aux réalités de terrain, tout en restant ambitieux quant aux objectifs de la mesure. Les animaux ne sont pas de vulgaires bien de consommation, toute acquisition mérite réflexion et toute personne qui a déjà fait l’objet d’une signalisation pour maltraitance ne doit plus avoir la possibilité d’adopter à nouveau un animal. Par ailleurs, j’encourage chaque personne qui souhaite accueillir un animal à privilégier les professionnels agréés. Ceux-ci pourront les conseiller au mieux et les accompagner dans cette belle et exigeante aventure ». Il y a de quoi s’interroger sur qui sont ces fameux acteurs du secteur qui connaissent si bien les réalités de terrain, car nous ne devons pas fouler les mêmes sols …

Remercions tout de même la ministre pour ce dédain public envers les associations qui ne savent toujours pas disposer d’agrément, vu l’absence de décret d’application pour celui-ci. Ainsi donc elles ne sont pas professionnelles agréées, et ne savent donc prodiguer aucun conseil judicieux. Allez expliquer ceci aux milliers d’animaux sauvés et adoptés via les associations, qui prennent leur temps à rencontrer, visiter et conseiller les candidats avant adoption. Et encore, on ne parlera pas des bâtons mis dans leurs roues pour pouvoir réaliser ces adoptions.

On ne peut pas dire que notre avis soit différent que la majorité des commentaires sous la publication de la ministre.

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