Les adoptions, la richesse des refuges et associations (Quand la poule aux oeufs d'or ne l'est pas)

Il arrive que l’on lise dans des commentaires de bien-pensants sur les réseaux sociaux que les associations “s’en mettent plein les poches” avec les adoptions. Petite analyse des sommes engendrées.

Un chat est proposé à l’adoption en général dans une fourchette allant de 80,00 € à 150,00 €, et un chien entre 100,00 et 250,00 €. il suffit de multiplier le nombre d’animaux adoptés par le montant moyen pour se faire une idée de ce que peuvent se mettre en caisse les refuges et associations. Prenons un nombre rond, 100 chiens et 100 chats adoptés sur un an, à 150 € par chien et 100 € par chat, cela fait 15.000€ + 10.000€, soit 25.000 €.

Prenons maintenant le côté qu’en général ces bien-pensants oublient, les dépenses par animal.

Un chat bien souvent n’est pas identifié et encore moins enregistré lorsqu’il arrive en association. Coût : 50 €. Il n’est pas vacciné ni vermifugé. Coût : une centaine d’euros. Stérilisé, n’en parlons même pas. Une stérilisation varie entre 40 € et 150 € qu’il s’agisse d’un mâle ou d’une femelle. Faisons la moyenne et comptons 80,00 €. Au total, environ 230€. Bénéfice net pour l’association pour un chat adopté : Rentrée maximale 150€-dépenses 230€ = -80 (pour autant qu’il n’ait fallu lui prodiguer quelconque traitement médicamenteux).

Pour un chien, le montant de la stérilisation varie considérablement par rapport à un chat. Cela va de 100 à 250 € selon le sexe et le poids de l’animal. Rajoutons également le prix de l’identification, de l’enregistrement, de la vaccination (150€), il coûte minimum 250€ à l’association. Au mieux donc, s’il est proposé à l’adoption à 250,00 €, il permet de rentrer dans les frais vétérinaires. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’il faut ajouter les frais de déplacement, les frais de nourriture, de chauffage en hiver, de nettoyage, et autres “babioles”.

Bien évidemment ces bien-pensants sont les derniers à faire un petit geste envers l’une ou l’autre association, mais les premiers à se demander à quoi elles servent puisqu’elles ne prennent pas toute la misère animale sur leurs épaules, ou qu’elles ne répondent pas présentes 24h/24, et autres considérations de la même veine.

Pour qu’une association puisse perdurer dans le temps, il faut qu’elle puisse montrer une comptabilité saine. Vous l’ignorez peut-être, mais si une association a un but non lucratif, son bilan ne peut être négatif chaque année. Comment se financent-elles ? On va prendre notre exemple, celui de l’asbl Sans Maître, c’est celui que l’on connait le mieux 😉 . Il y a les adoptions, les cotisations (15,00€/an), les ventes d’objets de soutien dans notre shop ou sur stand, les calendriers, les campagnes “lasagnes”, et bien évidemment les dons, car heureusement, tout le monde n’est pas bien-pensant, certains sont bienfaiteurs. Et puis, il y a celui qui est en général l’initiateur de l’asbl, celui qui est le président, le responsable, le directeur selon le cas, et qui chaque mois, allonge de sa poche aussi. Tout ça dans un but unique, celui d’apporter un peu de bien-être et d’amour à des 4 pattes victimes de l’irresponsabilité d’humains. Et pourtant, il suffirait de quelques bonnes volontés politiques pour aider quelque peu les finances associatives.

L'Elyzette à Jambes (Namur)Il pourrait y avoir des aides des pouvoirs publics! Mais elles sont inexistantes !!! Parfois une commune compatissante octroie un petit subside de fonctionnement, mais c’est assez rare. Au niveau régional ? Le Ministre Di Antonio subsidie qui il veut côté associatif, sans aucune règle établie. Par exemple, s’il préfère octroyer quelques dizaines de milliers d’Euros pour créer un salon sur son fief, et refuser quelques centaines d’euros pour l’achat de matériel, c’est son droit. Heureusement, cet exemple est utopique, quoique … Autre exemple tout à fait imaginaire : créer un subside aux refuges permettant d’allouer une dizaine de millier d’euros à certains refuges multimillionnaires. Ce serait un non-sens, mais il pourrait le faire, le Ministre … A titre de comparaison, et pour rappel, depuis 2011, la Wallonie a octroyé 23 millions € à différentes ONG ou associations qui aident les populations à lutter contre les changements climatiques et à s’adapter à ses conséquences. Pour les animaux, … vingt-trois fois moins …

Les poches vides des pouvoirs publicsVenons en au niveau fédéral. La seule aide possible est en fait une facilité en octroyant sur demande, la possibilité de délivrer des attestations fiscales aux donateurs. Mais cette aide, reprise dans le CIR de 1992 ne concerne que les refuges agréés. Il ne serait pas impossible de faire modifier cette Loi en l’élargissant aux associations reconnues, mais pour cela, il faudrait qu’une reconnaissance légale ou un agrément existe. Et à l’heure à laquelle cet article est rédigé, le Ministre Di Antonio ne semble toujours pas être convaincu de l’importance de la chose. Les associations attendent depuis 2014, année de son entrée en fonction. Elles peuvent encore attendre quelques années encore. On pourrait espérer aussi une baisse de la TVA sur les frais vétérinaires pour les animaux de compagnie (21%) au même niveau que ceux occasionnés pour les animaux de rente et d’élevage (6%). Mais quel Ministre aura le courage et la volonté d’y parvenir ? On pourrait aussi négocier, marchander, brocanter les honoraires des vétérinaires. Négociez-vous le prix de votre visite chez le médecin, d’un examen médical ? Non! Pour nous, c’est pareil, un vétérinaire est un praticien qui a le droit d’être payé pour sa prestation. Si l’on se réfère à un article paru en 2014 sur le site de l’UPV (Union Professionnelle Vétérinaires), lorsque vous payez 30 €, votre vétérinaire en empoche réellement 6,44€. Et vous voudriez qu’en plus on tente de casser les prix ?

En résumé, non, une association ne se fait pas de beurre sur un animal, que du contraire, et si plusieurs d’entre elles n’acceptent pas de prendre un animal ou un cas de maltraitance en charge, ce n’est pas qu’elle ne veulent pas, c’est qu’elle ne PEUVENT pas. (Ceci est valable pour la majorité des refuges également).

Si vous êtes reconnaissant au travail accompli par une association ou l’autre, n’hésitez pas à lui confier quelques deniers,

ils serviront toujours pour aider un animal.

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