Un Ministre, un service, des refuges, … et des animaux. Nous sommes solidaires envers les animaux. (Bien triste constat du milieu du Bien-être animal)


Bien évidemment, nous soutenons toute action visant le bien-être des animaux, et dans le cas de la récente décision de l’UBEAw (DGO-3), il est inconcevable que des animaux ayant été saisis soient confiés à autre chose qu’une structure en prenant soin. c’est un grand NON bien évidemment à l’idée de donner des animaux à quelconque éleveur-marchand. Les refuges ne sont pas des centres de remise en forme pour animaux qui partiront ensuite à la boucherie !!!. Sur ce point nous soutenons le refus catégorique des refuges de restituer ne fut-ce qu’un animal.

Là où nous ne pouvons suivre ce collectif, c’est sur la tentative de prise de pouvoir du secteur privé sur le politique et l’institutionnel. Exiger la destitution d’un service régional sous prétexte d’une mauvaise décision, il y a de qui se poser la question du fond de l’histoire, car jusqu’à hier, TOUS ces refuges à chaque saisie relatée se félicitaient de l’excellente collaboration avec les services régionaux ! Certains d’entre eux, contactés il y a peu de temps afin de prendre en charge des daims, sangliers et autres animaux suite à une expropriation, et pour lesquels la mort était au bout du chemin s’ils n’avaient de solution, ont tous refusés sous prétexte qu’ils n’étaient actuellement en situation de maltraitance. Comment se fait-il que ce 15 mai en quelques heures, les refuges concernés se sont miraculeusement réunis, médias présents et ont mis une revendication commune sur pied? En moins de deux heures, ce collectif a réussi à faire plier le ministre Di Antonio pour qu’il casse la décision de son service et maintienne les animaux au sein des refuges concernés. C’est miraculeux, d’autant plus que cela fait plusieurs années que des actions et des plaintes concernant diverses animaleries existent sans qu’aucune fermeture ni saisie soit opérée. Bien évidemment, ces refuges soutiennent le ministre. Comment pourrait-il en être autrement vu le “royal” subside accordé fin 2017 (certains ont reçu jusqu’à 24.000 € au lieu des 6.000 € maximum prévus).

Alors que rien n’avait filtré jusqu’à présent, le communiqué initial relate de nombreux problèmes avec l’UBEAw. Pourquoi dès lors attendre un probable enlèvement de quelques animaux pour que tous ensemble dénoncent les dysfonctionnements ?

Qui retrouve-t-on à la tête de ce mouvement ? Animaux En Péril qui, sur décision du Ministre, bien qu’étant un refuge agréé, occupe un des deux sièges dédié aux, … associations. Les sièges des associations étant occupés, comme c’est étonnant, par deux autres refuges du collectif, Sans Collier et la SRPA de Liège. Alors que le Ministre fait toujours bien attention à parler de refuge agréé, le collectif arrive à semer le doute sur le soutien des associations à son mouvement de “guerre” en précisant que “la coalition des associations demande au Ministre de se positionner clairement” . Il serait plus honnête de parler de “coalition des refuges” vu que justement ce sont ces structures là qui font le maximum afin que les associations (sans refuge) ne puissent bénéficier d’une reconnaissance légale (soutenues par Carlo Di Antonio dans ce refus). On aurait aimé un tel engagement de la part d’Animaux en Péril en 2014 pour défendre la place qu’occupaient des milliers de chiens et chats dans son refuge de Braine l’Alleud, plutôt qu’une détermination à fermer ses installations et par ce fait, condamner ces animaux à une mort certaine, se retrouvant sans structure d’accueil. On aurait aimé !!!

Comme nous l’indiquions déjà hier, il n’est pas totalement utopique de penser qu’en cette période préélectorale, toute cette affaire ne soit pas mise sur pied innocemment.  Tout s’enchaîne trop vite, trop bien. Nous nous attendons dans les heures qui suivent à avoir un retentissant communiqué de presse annonçant de nouvelles mesures ministérielles comme on en a l’habitude maintenant. (Nous attendons toujours d’ailleurs la mise en place du statut de facilitateur promis le 28 mai 2017).

[EDIT] Comme nous l’annoncions, le communiqué n’a pas traîné, déforçant l’UBEAw et renforçant le pouvoir ministériel. Un bien pour les animaux ? Ceci mérite réflexion. le voici dans son intégralité :

Ce mercredi, le Ministre wallon du Bien-être animal Carlo DI ANTONIO a rencontré des représentants des refuges wallons au sein de son Cabinet.

Le Ministre a ainsi pu prendre connaissance officiellement des remarques formulées par les refuges au sujet de l’UBEA (Unité du Bien-être animal).

Ce dialogue a permis de dégager des pistes d’actions constructives en faveur du bien-être animal en Wallonie.

A l’issue de la réunion, le Ministre DI ANTONIO a décidé de plusieurs mesures :

  1. Rendre aux bourgmestre et aux zones de police locales la possibilité de saisir des animaux. Cette décision permettra une capacité d’action supplémentaire en faveur du bien-être animal. Ce dispositif, qui est déjà prévu dans l’avant-projet de Code wallon du Bien-être animal, sera prochainement soumis au vote du Parlement de Wallonie, en vue d’en accélérer son entrée en vigueur.
  2. En cas de saisie, les animaux peuvent être placés temporairement dans les refuges. La décision de destination finale des animaux saisis relèvera désormais de la responsabilité du Ministre, qui signera à l’avenir les documents établissant cette destination.

Le Ministre DI ANTONIO rencontrera l’Unité du Bien-être animal dans les prochains jours.

Il organisera également une réunion réunissant les refuges et l’UBEA de manière à rétablir un dialogue et collaboration constructive entre ces acteurs essentiels du Bien-être animal.

Pour rappel, hier, le Ministre wallon du Bien-être animal a donné l’injonction à son Administration de maintenir tous les animaux saisis à Saint-Denis dans les refuges où ils sont soignés. Le Ministre du Bien-être animal assure ainsi le maintien des animaux dans les refuges où ils se trouvent actuellement.

Et pendant ce temps, plus de 300 associations attendent toujours une reconnaissance légale … toujours absente dans le projet du nouveau code wallon du bien-être animal… Vaudrait-il donc mieux être un animal de refuge qu’un acteur pour son bien-être ?

Les refuges wallons en réunion ce jour. Une dizaine sur plus de 80 refuges agréés. (photo Facebook)

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